L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable

L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable. Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou ? Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou. Que ne t'endormais-tu, le coude sur la table ?

Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé, Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste, Et je dorloterai les rêves de ta sieste, Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame. Il dort. C'est étonnant comme les pas de femme Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

Midi sonne. J'ai fait arroser dans la chambre. Va, dors ! L'espoir luit comme un caillou dans un creux. Ah ! quand refleuriront les roses de septembre !

Paul Verlaine

Informations sur le poème L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable

  • Extrait du recueil Sagesse
  • 4 strophes
  • 14 vers
  • Schéma des vers par strophe : 4-4-3-3